
Entre ça et le prompteur, les types de la télé nous apparaissent depuis des années comme les premiers surconnectés de notre paysage quotidien, sans nous douter à l'époque où nous nous gaussions d'eux (ça faisait longtemps que j'avais pas pu le placer, celui-ci) qu'un jour, nous serions nous aussi vissés à nos oreillettes respectives. Dans la rue, dans le train, à vélo, partout, tout le temps, nous sommes devenus les clônes des "pousseurs d'info" télévisuels.
Eux, ils portent l'oreillette pour se faire recadrer en cas de besoin, bénéficier de toutes les instructions nécessaires au déroulement du programme; nous, on porte l'oreillette pour se rassurer en cas de besoin, bénéficier de tous les signaux nécessaires au déroulement de notre programme personnel: localisation de nos amis, analyse de leur emploi du temps, fixation de la prochaine date de rencontre, autant de rappels de notre existence que nous diffusons à chaque fois que l'oreillette se greffe à notre oreille.
L'oreillette, c'est surtout notre moyen à nous, adultes, de recréer une sorte de cordon ombilical qui nous relierait à notre monde, à notre "famille"élargie avec le pouvoir magique de nous faire oublier que nous sommes seuls, certes, mais avec le gros défaut de faire taire la petite voix en nous censée nous pousser à avancer malgré cela...
Quand je pense qu'on s'indigne devant des humains enchaînés alors que nous sommes devenus esclaves d'un morceau de plastique...
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